Projet Grande Guerre

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Je vous présente aujourd’hui un projet qui murit progressivement dans ma tête depuis déjà plusieurs mois. Je ne prétends pas qu’il soit particulièrement original, mais il me tient à cœur.

Depuis 2014, il ne vous aura pas échappé que les commémorations liées au centenaire de la Première Guerre Mondiale vont bon train. Quoi de plus normal que de célébrer la mémoire du sacrifice de nos poilus.

De plus, il s’agit d’une période historique qui m’a toujours grandement intéressé, comme en témoigne le contenu de ma bibliothèque.

A cette occasion m’est donc venue l’idée de participer à ma façon à ces commémorations. En tant que généalogiste, je n’ai pas longtemps hésité, j’ai compris l’importance d’étudier les impacts de la Première Guerre Mondiale sur ma famille.

Jusque là c’était plutôt simple.

Mais, immédiatement après, je me suis posé beaucoup de questions.

La première concernait la définition du périmètre familial à étudier. Qu’est-ce que je mettais derrière les mots « ma famille dans la guerre » ?

Dans une vision très restrictive j’ai d’abord considéré qu’il s’agissait de mes seuls ancêtres soldats, ceux qui ont été pris dans la tourmente du front et des combats. Mais combien sont-ils ?

Un examen rapide de mon arbre et les connaissances rudimentaires que j’ai déjà sur le parcours militaire de mes ancêtres me permettent de déduire qu’ils sont 5 à avoir été sur le front.

Un autre ancêtre n’a pas rejoint le front mais a néanmoins été mobilisé et détaché pendant toute la durée de la guerre en usine, pour soutenir l’effort de guerre.

Un ou deux autres ont été appelés mais presque aussitôt renvoyés dans leur foyer en raison de leur âge déjà avancé et/ou du nombre d’enfants à charge.

Une fois ce premier constat établi, cela m’est apparu un peu réducteur. Certes ces 5 ancêtres sont ceux qui ont le plus directement souffert de la guerre dans leur chair et qui en ont sans aucun doute vécu le traumatisme le plus grand, bien que souvent occulté par la suite dans leur vie.

Mais, il me semble tout aussi évident que mes ancêtres masculins trop âgés pour partir à la guerre ou à l’inverse trop jeunes pour la faire ont aussi été profondément éprouvés, tout simplement en raison du départ d’un ou de plusieurs fils ou à l’inverse pour un enfant du fait de l’absence prolongée du père, parti au front.

Et pourquoi se limiter aux hommes ? Les femmes, certes non combattantes, ont néanmoins été en première ligne lors de cette guerre, ne serait-ce que parce qu’elles ont dû porter, à elles seules, la lourde charge du foyer et les travaux des champs, quand elles n’ont pas été mobilisées en usine.

Il m’est dès lors apparu inévitable d’élargir mon étude et de considérer non plus mes seuls ancêtres masculins engagés dans les combats, mais plus largement tous mes ancêtres qui ont vécu pendant le conflit, hommes et femmes confondus. Cette recherche élargie me semble d’autant plus essentielle qu’un quart de mon ascendance est originaire du Pas-de-Calais, dont une partie dans une région de ce département transformée en champ de bataille. La vie de mes ancêtres qui y vivaient a donc été complètement bouleversée. C’est le cas également, dans une moindre mesure toutefois, pour une branche de ma famille de l’Oise.

J’ai alors repris mes calculs, pour déterminer combien d’ancêtres ont vécu entre 1914 et 1918 (y compris ceux qui sont nés ou morts entre ces deux dates). Je suis parvenu à un total de 36 ancêtres.

A ce stade de ma réflexion m’est venue la question suivante : pourquoi s’arrêter à mes ancêtres ? Les liens entres frères et sœurs, par exemple, sont des liens familiaux très forts et la perte d’un frère ou d’un fils, une blessure durable. J’ai donc décidé de ne pas négliger l’environnement familial de mes ancêtres. Il y a les enfants, les frères, les sœurs, les beaux-frères, les belles-sœurs avec qui on peut supposer une certaine proximité, mais quid de relations déjà un peu plus lointaines (y compris géographiquement parfois), comme les cousins ? Comment savoir si mes ancêtres étaient proches de leurs cousins, surtout s’ils vivaient éloignés les uns des autres ? Dans ce cas – et plus généralement pour les relations familiales plus lointaines – je suis obligé de faire des suppositions, des hypothèses, et il faut l’avouer parfois aussi des choix un peu arbitraires. Impossible de les évoquer tous.

Après avoir traité de manière plutôt satisfaisante la question des « hommes », s’est posée celle des lieux. Qui dit guerre dit impact direct sur certains territoires. Il est donc inévitable de se pencher sur les villes et villages où vivait ma famille pendant la guerre, celles et ceux directement touchés auxquels je faisais allusion un peu plus haut et les villages qui par chance, du fait de leur localisation loin du front, n’ont pas eu à subir de dommages de guerre, mais qui ont malgré tout aussi vécu au rythme du conflit. La consultation de la presse locale pourra m’être d’une grande aide.

Enfin, j’ai volontairement limité la recherche aux ancêtres vivants entre 1914 et 1918, mais ce découpage n’est-il pas un peu restrictif ? La guerre ne s’est pas vraiment arrêtée avec l’armistice du 11 novembre 1918. Non, dans ma famille, comme dans beaucoup d’autres, elle a eu des conséquences beaucoup plus profondes et durables, au moins jusqu’à la fin des années 20 voire le début des années 1930, soit plus de 10 ans après la fin officielle de la guerre. Il serait donc absurde de ne pas chercher à étudier ces ramifications…Car la fin de la guerre n’a pas signifié la fin des drames qu’elle a entrainés dans son sillage.

Au terme de ma réflexion, alors que j’essaie de dresser un bilan, j’ai l’impression d’avoir soulevé là un projet titanesque. Pourtant c’est un projet qui me motive beaucoup. L’objectif final est de rédiger une sorte de petit livre, de recueil, que je pourrais notamment transmettre à mes proches. En attendant, j’ai pensé qu’il pourrait être utile de décomposer ce travail pour me le rendre un peu plus facile. Je vous présenterai donc le plus régulièrement possible l’avancement de mes recherches sur le blog.

Objectif : novembre 2018 comme le monument aux morts de la ville de Paris.

A suivre !

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6 réflexions sur “Projet Grande Guerre

  1. Pingback: Veille généalogique #8 : 16 septembre -22 septembre – Le temps s'en mêle

  2. Bonjour,
    Ces questions se sont posées au début de mes recherches. Mais au fil de ce que l’indexation a apporté comme réflexions sur le vécu dans les villages à l’époque de la Grande Guerre, j’ai décidé de noter le maximum d’informations.
    Pour les cousins originaires des lieux où vivaient mes ancêtres, j’ai supposé que les soldats blessés ou morts à la suite de cette guerre ont dû marquer fortement les familles élargies.
    Mes billets ont pour titres : « Autour de Lucie », « Autour de Constance », « On n’en finit pas de les ajouter à nos arbres tous ces cousins morts lors de la Grand Guerre » J’ai encore d’autres projets à écrire sur mon blog …
    Au plaisir de lire les vôtres .

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  3. Pingback: Aurore au crépuscule | Ancêtres, vos papiers !

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